UN VOL D’OISEAU
par Jean-Marc La Frenière

Pour certains, la vie est un nœud coulant qui se resserre sans cesse. Pour d’autres, c’est le vol d’un oiseau. Quand on arrose une plante, nous échangeons de l’eau contre un peu de lumière. L’infini réside dans les plus petits gestes. L’âme s’échappe de la main jusqu’à toucher le ciel. À chaque instant un insecte, un arbre, une pierre nous aiment, même une fleur qu’on coupe. Quand il y a trop de murs, je me sers des mots pour ouvrir des brèches. On voudrait que je fasse de ma vie quelque chose. Je ne cherche pourtant que le courage d’être bon. Il y en a qui marche à côté de leur vie et s’en éloigne à chaque pas. Je la tiens dans mon poing comme une braise indomptée.

La plupart perdent leur âme en commençant l’école. Ils en sortent prêt à courber l’échine et à trahir le cœur. Je fais de chaque pas une prière. L’écriture des choses est dans l’intelligence des détails. Quand quelqu’un chante sans voir qu’on l’écoute, ses fausses notes m’émeuvent. Elles sont comme ces fleurs qui s’ouvrent dans la nuit, ces arbres chargés de pluie qui nous servent d’abri. Je n’ai rien fait de la journée. C’est toujours ça de gagner sur la haine. De chimère en chimère, je me rapproche du cœur. >

Illustration and Artwork all content ©LuluBird 2007